Un monde tout vert : immersion dans un écoquartier

J’ai passé deux jours dans l’écoquartier des Vergers, à Meyrin. Ceci m’a permis de comprendre de l’intérieur ce que certains appellent « le progrès ». Et effectivement, si c’est ça le « progrès », il a des allures de brochure politique.
Là-bas, tout est propre, bio, normé, silencieux. Tellement silencieux que même les poules sont privées de coq : on aime la nature, mais sans les bruits qui vont avec. L’air est filtré, les toits sont verts, les déchets compostés collectivement, et les boîtes aux lettres toutes ornées du même autocollant : celui des Verts. Impossible de le rater. Il fait partie du mobilier urbain. D’ailleurs, la seule personne à avoir osé l’enlever… c’était une élue verte qui l’avait remplacé par celui de la grève féministe. Pas un renégat, juste un privilège du parti.
Car on ne vit pas aux Vergers, on adhère. À un mode de vie, à une vision politique, à une idéologie omniprésente. C’est un quartier de cadres venus d’ailleurs, pas de Meyrinois. C’est une enclave électorale, un bastion du vote bien-pensant, une utopie réservée à ceux qui peuvent se le payer et qui savent déjà comment il faut penser.
Et c’est exactement ce que prépare le projet Gare-Lac à Yverdon. Ce n’est pas un projet pour les Yverdonnois, c’est un projet pour faire venir une nouvelle population : les pendulaires, les technocrates, les consultants RH à vélo électrique. Ceux qui votent à gauche, mais qui vivent entre eux, à l’écart des réalités populaires.
Le but est clair : changer la sociologie pour changer les résultats dans les urnes. C’est une colonisation par l’urbanisme, un projet politique déguisé en développement durable.
Et comme à Meyrin, la démocratie y sera végétalisée, silencieuse… et verte, surtout verte.
Article paru dans le Journal pour Tous n°3 (avril 2025).


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