PDCom : comment ils veulent planifier votre vie sans la vôtre

La Municipalité d’Yverdon a publié en fanfare son nouveau Plan Directeur Communal. Mais derrière les jolis dessins de dinosaures et les créatures magiques, un constat s’impose : on ne planifie pas une ville comme on raconte un conte de fées. Ce que le PDCom prétend offrir comme « vision partagée » n’est en réalité qu’un projet unilatéral, rédigé par des experts déconnectés, pour servir des objectifs qui ne sont pas ceux des habitants.
Le mythe de la ville planifiée
On nous parle de « ville résiliente », de « mobilités douces », d’« intensification urbaine »… tout y passe. Mais rien ne vient des habitants. La concertation est un alibi. Les décisions sont prises, les cartes verrouillées, les parkings effacés, les hauteurs imposées.
Le peuple vote pour un parking souterrain à la Place d’Armes ? Il est rayé sans autre forme de procès. Le match a déjà été joué, le PDCom vient juste valider le score voulu.
Le précédent de Meyrin et l’échec de Lausanne
On nous vend l’écoquartier comme modèle. Mais j’ai testé pour vous : deux jours passés dans les Vergers, à Meyrin, et l’impression d’un monde sous cloche. Tout est propre, bio, silencieux… et totalement artificiel. Toutes les boîtes aux lettres sont décorées d’un autocollant du parti des Verts, comme une étiquette politique de conformité.
À Lausanne, c’est pire. Le prétendu écoquartier des Plaines-du-Loup est devenu une caricature de béton vert. Terrain de foot détruit, pétards dans les cours, jeunes qui urinent dans les buanderies, commerçants au bord du gouffre, ambiance tendue entre bobos coopératifs et familles populaires… la greffe ne prend pas, dit la presse. Et pour cause : on a voulu remplacer la vie par une maquette.
Le délire planificateur
Le PDCom d’Yverdon suit la même logique : densifier, compartimenter, imposer. On vous dit où vous devez vivre, comment vous devez vous déplacer, dans quel type de logement vous serez autorisé à respirer. Et gare à vous si vous voulez prendre votre voiture, faire un barbecue ou installer un commerce non labellisé durable.
Le but n’est pas de servir les Yverdonnois. Le but est d’attirer une nouvelle population, celle des consultants à vélo, des RH nomades, des ingénieurs sociaux qui votent à gauche mais ne vivent qu’entre eux. On appelle ça un projet d’aménagement. C’est un projet de remplacement social.
Refuser leur utopie imposée
Non, ce PDCom n’est pas un document neutre. C’est une vision dogmatique, élitiste, déconnectée des réalités et des besoins populaires. Et comme à Lausanne, cette utopie est vouée à l’échec. Car une ville, ce n’est pas un tableau Excel ni un dessin d’enfant. C’est un lieu de vie, de liberté et de conflit d’usages.
Ce n’est pas à l’État de planifier nos vies. C’est aux citoyens d’imposer leur réalité.
Article paru dans le Journal pour Tous n°3.5 (mai 2025, édition spéciale mobilité et technocratie).




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