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L’ATE : pouvoir obscur, ou le pouvoir sans élection

Photo du rédacteur: Ruben Ramchurn
Ruben Ramchurn
12 mai 2025
4 min de lecture

L’ATE, association soi-disant citoyenne, est en réalité un organe de lobbying très politique, lié au PS et aux Verts. À Yverdon, elle est allée jusqu’à signer un accord secret avec la Municipalité. Romain Pilloud, à la fois président du PS Vaud et chef de l’ATE Vaud, agit comme le stratège d’un pouvoir non élu. Tout cela, financé par vos impôts.

Quand un lobby décide pour vous : l’ATE, l’ingérence verte à Yverdon

Peu de citoyens le savent : l’ATE siège officiellement dans plusieurs commissions extraparlementaires, aussi bien au niveau cantonal qu’au niveau communal. À Yverdon, elle est membre de la commission Urbanisme & Mobilité. Au niveau cantonal, elle participe à la Commission consultative de circulation (CCC), qui donne un préavis sur la limitation de vitesse et d’autres objets liés à l’aménagement routier. Ces commissions ne sont pas élues par le peuple, mais elles influencent directement les décisions politiques.

Ce système crée un levier extra-démocratique : on ajoute aux représentants des partis des membres d’associations militantes qui n’ont pas été élus. Dans certains cas, ces représentants sont eux-mêmes des élus d’un parti, ce qui permet à leur bord politique de cumuler les sièges de parti et les sièges d’association — une manière de fausser les équilibres. Pire encore, certaines de ces personnes ne résident même pas dans la commune mais siègent dans des commissions yverdonnoises uniquement parce qu’elles représentent une association reconnue. Cela revient à donner une légitimité politique locale à des acteurs extérieurs, sans aucune validation populaire. Dans les faits, cela permet à l’ATE d’intervenir dans les processus de décision sans jamais devoir rendre de comptes devant l’électorat.

L’ATE ou le pouvoir sans élection

À Yverdon, il existe aujourd’hui un acteur plus influent que certains municipaux. Il ne siège pas au Conseil communal. Il ne rend de comptes à aucun électeur. Il n’a jamais été élu. Pourtant, il dicte les décisions municipales en matière de mobilité. Cet acteur, c’est l’Association Transports et Environnement (ATE), et sa prise de pouvoir s’est faite sans bruit, mais avec méthode.

En 2022, la Municipalité a discrètement signé un accord avec l’ATE. Un accord que la Municipalité n’a jamais accepté de rendre public et dont le contenu reste flou, pour ne pas dire secret, mais dont les conséquences sont bien visibles : blocage du parking voté en 2019, promotion de la mobilité punitive, et exclusion du débat public des partisans de l’autonomie individuelle.

Plus choquant encore : en avril 2025, lors de la conférence de presse officielle des opposants à l’initiative sur le parking, Romain Pilloud était présent. Selon lui, sans intervenir. Mais alors, que faisait-il là ? Était-il accrédité comme journaliste ? Avait-il une carte de presse ? Sa simple présence questionne : pourquoi le président du PS Vaud et chef de l’ATE Vaud assistait-il à une conférence de presse municipale, dans une campagne locale, sans rôle institutionnel officiel ? Il n’est ni municipal, ni élu yverdonnois, mais il parle au nom de la ville.

Comment en est-on arrivé là ? Par une lente dérive institutionnelle. Par l’acceptation d’un pouvoir parallèle, financé par les impôts, investi dans toutes les commissions et comités techniques. Par la démission des élus face à une idéologie qui se pare de vert pour mieux masquer son autoritarisme.

Ce pouvoir sans élection est un poison pour la démocratie. Il est temps de rendre visibles les réseaux, de nommer les acteurs et de rendre la parole au peuple.

Financer son propre censeur : les dessous du budget ATE

En 2023, l’ATE a récolté plus de 16 millions de francs. Parmi ces fonds, CHF 1,1 million proviennent directement de l’argent public. À cela s’ajoutent les rétrocessions aux sections cantonales comme ATE Vaud, qui militent activement contre des projets soutenus démocratiquement. Subventions, cotisations, partenariats opaques : derrière l’image d’ONG verte, c’est une machine parfaitement huilée pour bloquer, recourir, faire pression. Une partie du pouvoir réel se joue ici, loin des urnes, mais avec vos impôts.

Chiffres-clés ATE Suisse (2023) :

  • Budget total : CHF 16,2 mio

  • Subventions publiques : CHF 1,1 mio

  • Rétrocessions aux sections : CHF 1,65 mio

  • Nombre de bénévoles : 0

  • Personnel : entièrement salarié

Extraits de documents :

  • Statuts ATE Vaud (mai 2024) : « La section peut lancer ou soutenir des campagnes de votation cantonales ou communales. »

  • Rapport d’activité 2023 ATE Suisse : 100’000 signatures contre l’extension des autoroutes ; coordination nationale pour la loi climat ; recours déposés contre des projets communaux à Genève, Lausanne, Neuchâtel.

On subventionne notre propre censeur technocratique

Pendant que les citoyens paient leurs impôts, des associations comme l’ATE les utilisent pour les combattre. Tout se passe comme si le pouvoir avait externalisé la coercition : recours, sabotages de projets, campagnes de culpabilisation… à la charge des contribuables.

Le plus grave ? Ce pouvoir ne passe plus par les urnes. L’ATE agit dans les coulisses, dans les commissions, dans les bureaux d’études. Elle parle à la place du peuple mais sans jamais lui rendre de comptes. Ce modèle démocratiphobe est en train de s’imposer partout.

Il est temps d’y mettre fin. Il faut restaurer la souveraineté populaire face au pouvoir technocratique. L’écologie ne peut pas servir d’alibi à l’autorité sans mandat.

Article paru dans le Journal pour Tous n°3.5 (mai 2025, édition spéciale mobilité et technocratie).

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