Jean-Daniel Carrard répond sur les votations

Alors que les Yverdonnois se prononceront dans les urnes le 18 mai prochain sur l’avenir du stationnement à Yverdon, notre ancien Syndic et actuel député PLR au Grand Conseil, Jean-Daniel Carrard, a accepté de répondre à une seconde interview pour les lecteurs du Journal pour Tous.
Bonjour Monsieur Carrard, merci de bien vouloir accorder une deuxième interview au Journal pour Tous en cette période politiquement animée que connaît notre ville. Les Yverdonnois vont se prononcer le 18 mai prochain sur la question du parking et 2 objets leur sont proposés. L’initiative CAPPA pour un parking souterrain à 1000 places et un contre-projet de la Municipalité qui vise à réduire le parking en ville à un total de 800 places via un nouveau… crédit d’étude. Que devraient voter les Yverdonnois afin d’assurer le développement de notre centre-ville ?
Ce parking aurait déjà dû être inauguré si le projet avait été suivi correctement !
Le parking du centre-ville est un besoin comme pour toutes les villes qui veulent accueillir des visiteurs, des chalands et des consommateurs. À partir du moment où on souhaite la venue des gens sur le centre-ville, il faut s’en donner les moyens. Donc, la construction du parking de la place d’Armes est une nécessité.
De plus, mettre ces voitures en sous-sol et non comme maintenant en surface est une amélioration nette de la vision de cette immense surface. Et recouvrir le tout d’une zone de détente et de verdure devrait séduire la population.
La Municipalité défend son contre-projet en affirmant que selon les normes VSS et une étude de TRANSITEC, on ne peut pas avoir plus de 820 places dans notre centre-ville et que le projet à 1000 places ne sera pas conforme au droit cantonal. Pouvez-vous partager cette analyse ?
Bien sûr que non.
Je répète que dans l’analyse préalable, un seul département était défavorable, mais ne bloquait pas le projet, il demandait simplement de justifier le besoin de 1’000 places.
Ce parking doit accueillir les gens qui viennent des villages et villes avoisinantes, de ceux qui ont besoin de la voiture pour se déplacer, de ceux qui vivent au cœur de la cité et qui possèdent une voiture, de ceux qui y travaillent. La liste est longue…
Les besoins sont grands, et ils avaient été identifiés à 1’000 places.
La Municipalité invoque les normes VSS pour justifier une offre très faible en place de stationnement, mais il semble qu’elle applique un coefficient qu’elle a réduit de manière arbitraire. Sous la précédente législature, des calculs sur la base des normes VSS avaient-ils été faits ? Qu’en est-il au fait ?
Les normes VSS sont émises par une organisation privée et ne sont pas dotées d’un quelconque pouvoir législatif. Ces normes techniques ne sont pas juridiquement contraignantes. Mais si une loi la met en référence elle peut lui conférer un statut juridique.
La norme VSS sert d’appui au maître de l’ouvrage et aux autorités politiques comme aide à la décision.
Cette décision appartient donc à l’autorité politique, à savoir la municipalité, pas tellement sur le calcul basique du besoin, mais dans l’appréciation du facteur de réduction.
Ce facteur de réduction est encore une fois un choix de la municipalité qui tient compte des dessertes du secteur (mauvaise pour les villages des alentours), des possibilités d’utiliser d’autres moyens de transport (train, vélos, etc.).
Nous sommes déjà dans ce besoin de 1’000 places, surtout si on rajoute le fait que les CFF vont supprimer le Park and Rail de plus de 200 places.
Si on veut encourager le fait de prendre le train, il faut que les gens puissent se parquer proche de la gare notamment.
Pensez-vous que le canton condamne de manière inéluctable la Ville d’Yverdon à avoir de moins en moins de places de stationnement ? Y a-t-il une véritable base juridique pour ça ?
Bien sûr que non.
Que fait-on de l’autonomie communale, de la ville qui fait un choix de se doter d’un plan de mobilité qui lui ressemble ? C’est donc un choix personnel de la municipalité d’Yverdon, mais certes en collaboration avec les services cantonaux. Mais il revient à la ville de décider chez elle et pour sa population.
Est-ce que la construction de parking silo avait été évoquée par le passé ?
Vaguement. Mais ça nous semblait tellement saugrenu que l’idée n’avait pas été développée.
Imposer des silos hors sol, en principe grands, hauts et moches ne fait pas envie. Sans parler qu’il faut récupérer l’automobiliste après pour le ramener au centre-ville ou à la gare !
Pensez-vous vraiment qu’en faisant parquer les voitures en Chamard par exemple, avec un service de bus pour rallier le centre-ville cela va tenter les gens ?
Ils vont effectivement parquer en Chamard et faire les courses sur place ! Tant mieux pour Montagny et tant pis pour le centre-ville d’Yverdon-les-Bains et ses commerces.
Pensez-vous que cette proposition soit bien sérieuse pour notre centre-ville ou devrait-on y voir une sorte de manœuvre pour gagner du temps et finalement ne rien faire du tout ?
On va perdre du temps et de l’argent…
Dans le cadre du projet Gare-Lac, on nous dit que la ville veut se rapprocher de son lac. Dans le document du PDL Gare-Lac il est mentionné un nouveau port de plaisance moderne et des infrastructures adaptées aux bateaux de la LNM, de même qu’une passerelle sur la Thièle. Aujourd’hui tout ceci semble avoir disparu. Comment l’expliquer ? Pensez-vous qu’on puisse se tourner vers notre lac sans ce type d’infrastructures ?
Ce projet était prêt début 2021. Il consiste à faire un petit port à l’embouchure de la Thièle, avec un restaurant sur l’eau, et un débarcadère facile d’accès. Cela permettait à la LNM de ne plus avoir besoin de venir avec des grandes unités de bateaux dans la Thièle, ce qui constitue des manœuvres difficiles.
C’est un projet supplémentaire que la municipalité actuelle n’a pas repris de l’ancienne et qui a été enterré.
Il y avait aussi, vous avez raison, une passerelle sur la Thièle dans le projet. Plusieurs solutions existent pour laisser passer les bateaux, allant de la passerelle qui se rabat à celle qui s’enroule !
Les idées sympathiques ne manquaient pas !
Un petit mot aux Yverdonnois pour résumer et conclure ?
En résumé, il est très important pour l’avenir et le développement de la ville que les Yverdonnoises et les Yverdonnois votent OUI à l’initiative pour la construction d’un parking souterrain à la place d’Armes.
Merci Monsieur Carrard d’avoir accordé une seconde interview au Journal pour Tous.
Article paru dans le Journal pour Tous n°3 (avril 2025).

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